Du générique esthétique, métaphorique et d'une beauté renversante presque à lui seul addictif, Dexter fait aussi mal qu'un uppercut à la fois douloureux et jouissif.
La saison 1 de Dexter pose les bases et met dans le mille. Pas étonnant que le succès ait été exceptionnel et que le bouche à oreilles ait fonctionné de la sorte.

Découverte des personnages, mise en place de l'intrigue et annonce de ce qui nous attend. Le pilote de Dexter a l'avantage de proposer au téléspectateur une série quelque peu hors norme entre le fond d'American Psycho et la forme de Nip/Tuck. Avec un anti-héros au premier abord détestable, Dexter nous présente dans un climat obscur et bouillonnant, un personnage qui devient petit à petit extrêmement attachant. La fascination entre impulsion et répulsion... envie et mise en pratique des pulsions sont de mise sans oublier une analyse fortement intéressante des méandres du cerveau d'un homme aux prises avec ses démons intérieurs.
En explorant le passé de Dexter via des flahsbacks aux côtés de son défunt père adoptif ainsi que des flashs concernant un mystérieux drame de son enfance qu'il s'efforce d'éclaircir et qui l'a rendu ainsi tel qu'il est, James Manos Jr, le créateur originel de la série, insuffle une souffle de braise et intrigant à Dexter. Cependant la force de la série est qu'il est totalement impossible d'anticiper les futurs évènements du show. En parachutant le téléspectateur dans le monde et la conscience de Dexter dès les premières minutes, nous sommes intrigués et avons très envie de voir la suite. L'esthétisme du show n'y étant pas pour rien, c'estlittéralement accro que nous poursuivons le visionnage.

La fin du pilote livre un élément de taille qui rend marteau et pousse à vouloir connaître la suite de ce qui s'annonce comme un jeu du chat et de la souris palpitant... et nous ne sommes pas déçus ! Plus les épisodes avancent et plus Dexter livre ses états d'âmes via une voix-off envoûtante que l'on doit à l'acteur principal Michael C. Hall complètement métamorphosé depuis Six Feet Under et son personnage de David Fisher à l'opposé de ce Dexter Morgan. Une transformation autant physique que de jeu d'acteur épatant.
L'intrigue défile, les personnages croqués sont stupéfiants et de plus en plus familiers. On sourit comme on grince des dents devant certains passages ironiques et acides. La psychologie détaillée de l'enfer made in Miami baigne dans un plaisir coupable et dément. Le degré d'exigence est absolument effarant dans cette série.
Le tour de force réside bien entendu à explorer l'esprit de Dexter sans oublier de finioler cette folle intrigue d'Ice Truck Killer qui s'imbrique avec brio et génie dans la vie privée de notre ami Dexter.
Vicieux sont les scénaristes. En effet, sur 12 épisodes de saison 1, l'identité du Killer est révélée en cliffhanger final d'épisode 8 ce qui laisse 4 épisodes au téléspectateur pour avoir un temps d'avance sur les héros. Nous savons ce qu'ils ignorent. L'aspect voyeur, machiavélique de l'intrigue se met alors en place offrant une manipulation de chef s'instaurer. L'étau se resserre alors nous offrant un final sur les nerfs et haletant.

Dexter saison 1 se clôt donc sur une résolution d'intrigue mais ouvre quelques portes sur l'avenir pour une saison 2 qui s'annonce riche en rebondissements et relancement d'intrigue autour du héros qui en plus d'affronter un nouveau mystérieux tueur devra également être vigilant concernant sa vie privée et son secret nocturne.
Mention spéciale aux acteurs tous épatants et au scénario aussi retors que géant.
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